Derrière chaque grand homme, il y a une femme…

Elle le rencontre dans une galerie d’art, tombe folle amoureuse, ils se marient, ont un enfant (il ne faut rien exagérer), créent des œuvres fabuleuses ensemble, puis il meurt, la laissant seule se battre pour faire reconnaître le talent de celui qu’elle a aimé, et le temps retient surtout son nom à lui. Emouvant, tragique et éternel, Victor Hugo et tous les romantiques réunis n’auraient pas fait mieux.

Sauf que cette fois, c’est une histoire vraie, celle de Robert et Sonia Delaunay. Alors Robert, on le connaît, on se sert même de lui pour se la jouer en soirée : « J’adooooooore ses peintures de la tour Eiffel. » Toutefois, on oublie souvent sa femme, qui l’a accompagné dans la création de ses plus grandes œuvres. Ensemble, ils créent un mouvement unique, « l’orphisme » (non ça ne veut rien dire, mais c’est Apollinaire qui l’a inventé, alors ça marche quand même).

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« Nous nous sommes aimés dans l’art comme d’autres couples se sont unis dans la foi, dans le crime, dans l’alcool, dans l’ambition politique. »

Mais madame est une femme moderne qui sait aussi bien se débrouiller toute seule. Elle s’intéresse à tous les domaines : peintures, objets, mais surtout costumes et robes, grâce auxquels elle laisse son emprunte sur le monde de la mode. Elle réalise par exemple des costumes pour le ballet Nuit d’Egypte, reprise de Cléopâtre par Diaghilev ou encore pour la pièce Cœur à gaz de Tristan Tzara.  Puis, lorsqu’on lui commande des dessins de tissus, Sonia décide de les imprimer elle-même, ce qui l’amène finalement à l’ouverture d’une boutique et d’un atelier de couture, qu’elle fermera dans les années 1930, crise oblige.

 

Mais ses formes géométriques et sa vision des couleurs n’ont cessé d’inspirer la mode toutes ces années, et continuent de le faire aujourd’hui. Et celui qui parle le mieux de son œuvre, c’est encore son mari :

« Elle créa ses harmonies, ses rythmes colorés dans la vie même (…) à la façon des poèmes de couleur. Elle ne copie pas l’ancien, elle invente, dans l’atmosphère, dans la lumière du pays.(…) C’est bien le rythme de la vie moderne, son prisme, son illumination, les couleurs de son fleuve. »

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C’est décidé, vous voulez en voir plus ? Alors bonne nouvelle, l’exposition « Sonia Delaunay, les couleurs de l’abstraction » vous attend au Palais d’art moderne de Paris, et pour une fois, on montre Sonia sans son keum. (Don’t worry Robert, on t’aime bien quand même).

2 thoughts on “Derrière chaque grand homme, il y a une femme…

  1. J’aime beaucoup je trouve cet article très inspirant et très émouvant. J’aimerais bien rencontrer l’auteur et qu’elle me fasse partager son talent car clairement on sent le potentiel.

    Peux-tu écrire d’autres articles s’il te plait ? Je les attends avec impatience…

    Ton fanboy

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