Défilé Créateurs : Entretien avec Aude Mullet

Bonjour peux tu te présenter ?

Je m’appelle Aude Mullet, je sors de l’école de mode Esmod de Roubaix, je suis en stage de fin d’étude et j’ai choisi de faire une spécialisation homme.

Pourquoi ne faire que des vêtements pour homme ?

J’ai plus de facilité à travailler l’homme, je me sens plus à l’aise. De plus je trouve que la mode homme n’est pas assez variée et j’avais envie d’apporter quelque chose de nouveau.

Qu’est-ce qui t’as attiré dans la mode ? Est-ce une passion que tu as depuis toujours ou qui est venue avec le temps ?

Je suis issue d’une famille d’artistes. Ma mère fait un peu de couture et de peinture, ma tante fait des expositions de peintures et ma sœur a fait également Esmod. J’ai hésité pendant longtemps entre devenir graphiste, designer d’objets ou comédienne, mais être styliste a toujours été dans un coin de ma tête. Puis en faisant des recherches sur les écoles de mode, j’ai fini par choisir le stylisme et j’ai pu également apprendre le graphisme à Esmod et par moi-même.

Quelles sont tes inspirations ? Comment définirais-tu ton style ?

Lors de notre dernière année à Esmod on nous demande de créer une collection et c’est comme ça que j’ai vraiment trouvé mon style. J’aime beaucoup le vintage, le classique-chic avec un côté ultra street donc j’ai plein d’inspirations très différentes les unes des autres. D’ailleurs, je m’inspire aussi bien du vestiaire féminin que masculin. J’aime travailler les tailleurs, le tayloring, et également certains volumes et savoir-faire que l’on ne trouve plus aujourd’hui. Pour le coté street, je suis attirée par le street art, l’oversize et le mélange des différents styles en mixant un sweat oversize avec une chemise très classique, par exemple. D’ailleurs, Mister P, un street artiste lillois connu pour ses têtes de De Gaulle, m’a autorisé à utiliser ses designs. Ce qui me plait dans cet art c’est le fait de pouvoir re découvrir la ville en la regardant avec plus d’attention en se baladant.téléchargement (1)

Quelle est la pièce de ta collection dont tu es la plus fière ?

Il y en a plusieurs…Tout d’abord, un manteau en laine que j’ai entoilé façon tayloring comme aurait pu le faire un maître tailleur. Cela donne un tombé différent au manteau et ça m’a demandé beaucoup de technique pour le réaliser. Ensuite il y a une salopette qui est inspirée vintage avec un volume très large. J’ai retravaillé le tissus motif Prince de Galles, que j’adore, pour lui donner un aspect plus vintage en le trempant dans du thé pour lui donner un côté vieilli. Ensuite j’ai peint le visage du général de Gaulle façon Mister P, donc là aussi ça m’a demandé beaucoup de travail pour que de loin on puisse voir en entier le visage se dessiner.

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Pour le défilé métamorphose as-tu sélectionné quelques pièces de ta propre collection ou en as-tu créées spécialement ?

J’en ai rajouté une qui n’était pas dans ma collection. Je pense que j’ai énormément travaillé les volumes, pas de façon too much mais en faisant des plis sur les pantalons ce qui fait gonfler le vêtement ou sur les vestes qui sont très étriquées à la taille et très larges sur le reste du corps.

Pourquoi avoir appelé ta collection quid.am ?

Quidam est un mot latin qui aujourd’hui a quasiment disparu et qui désigne une personne dont on ne connait pas sa caractéristique de genre, son âge etc… L’idée est donc de toucher un grand nombre de personnes peu importe leur âge ou leur origine sociale. J’aimais aussi le fait de remettre un mot au goût du jour comme je peux le faire avec le vintage par exemple. 2018-11-17 (2)

Est-ce que tu as des projets futurs ?

A la fin de notre année à Esmod nous avons dû passer devant un jury de 160 personnes, et ce qui en est ressorti c’est qu’ils étaient contents du concept c’est-à-dire mélanger le vintage et le street art. Et le fait d’avoir réalisé concept sur une année comme si on était une vraie marque durable, m’a donné envie de créer ma propre marque et mes amis me poussent également à le faire. Donc j’aimerais bien créer un jour une marque de vêtements masculins plus accessibles que ce que j’ai pu créer, plus portables disons, et toujours collaborer avec des street artistes.

 

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