Défilé Créateurs : Entretien avec Leo Peralta

Holà Leo, pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

Je suis Leo Peralta, je viens d’Argentine. À la base, je suis un artiste et j’ai pleins de manières différentes de m’exprimer, et une des choses que j’adore c’est la création de vêtements. Sinon je fais aussi de la peinture, de la musique… et la vie m’a ramené à Marseille.

Qu’est ce qui vous a attiré dans le monde de la mode ?

Le coté psychologie de la mode m’intéresse beaucoup, je trouve que c’est une manière de s’exprimer. Qu’on réfléchisse, ou pas, on utilise des vêtements, et je trouve que les vêtements qu’on l’on porte ont toujours un message : c’est une manière de s’exprimer.

Quelle a été votre première création ?

Ma première création ? Ok, je réfléchis… C’était peut être une petite robe pour une poupée Barbie, un truc comme ça. *rires* Sinon, lorsque j’étais à l’école des Beaux Arts, j’étais en train de faire des sculptures avec du tissu et je me suis dis que ce serait bien de faire une sculpture que l’on peut se mettre, comme un sorte de robe. Donc j’ai fait une robe avec pleins de petits morceaux de tissus, de pleins de couleurs différentes, c’était comme une sorte d’arbre de couleurs… de dix mille petits morceaux de couleurs et de tissus différents. C’était une robe très moulante, et après au niveau de la tête, il y avait un truc très bizarre *rires* Ça fait des années quoi, mais c’était cool, j’ai un très bon souvenir de cette création là.

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Comment qualifieriez–vous votre style?

J’ai toujours dit que mon style était plutôt psychédélique. Ça dépend de l’époque : ça peut être « industrial psychédélique » ou « street psychédélique », « elegance psychédélique »… Mais il y a toujours ce côté là, voire un côté magique, j’adore dire ça. En espagnol, on dit « màgico maravilloso ». Voilà, c’est plutôt ce coté Amérique du sud, je ne sais pas trop comment l’expliquer… Je suis désolé mon français n’est pas très bon, j’essaie toujours de l’améliorer ! *rires »

Quelles sont vos inspirations ?

Je pense que l’inspiration vient de partout : de la journée, de la musique, de la lumière du soleil, des plantes… J’ai une fascination pour les plantes, pour l’univers végétal. Et aussi, l’inspiration me vient des choses microscopiques. Après voilà je suis inspiré par la musique, mes amis, les artistes, les façons de vivre. Par exemple, je peux être très inspiré de sortir une journée, aller au marché aux fleurs, profiter de tout ce bruit, de ces couleurs, de ce mélange de monde et après prendre mon café et écouter un peu la musique. Ça m’inspire aussi d’aller au karaoké, m’exprimer, tout donner, crier, danser à la folie… Voilà ça peut être une inspiration magnifique. L’important c’est de s’exprimer, de tout donner, d’être fier de sa façon d’être.

Avec qui rêveriez-vous de collaborer ? Un créateur ou une marque ?

Je suis un peu mauvais avec les prénoms *rires* Mais là tout de suite, j’ai quelqu’un dans la tête dont j’aime les créations : Christopher Kane, j’aimerai bien faire une collaboration avec lui. Sinon, parfois j’aimerai bien habiller des artistes, comme Björk, Rosalia, Sophie. Sinon franchement, je profite beaucoup d’habiller avec mes amis : je trouve que c’est ce qu’il y a de plus vrai, ça me procure beaucoup de bonheur.

Qu’aimez-vous en France ?

Vous savez, je pense que les français ont une façon de vivre particulière, j’aime beaucoup ces petits rituels, comme les petits rituels liés à la nourriture. Je trouve que c’est génial, très spécial, je sais pas… Vous avez bon goût pour mélanger les ingrédients et faire de très bons repas *rires* J’aime bien la cuisine française. J’aime aussi les marchés français, ici il y a toujours un marché aux fleurs, un marché de légumes, un marché de tissus… Je trouve que c’est très beau. La langue française est aussi très belle. Et aussi, il y a un côté esthétique que je trouve très intéressant. Je pense que vous les français, vous donnez plusieurs sens à la beauté, mais c’est toujours beau. Par exemple à Marseille, c’est une ville où c’est parfois très trash, où règne une sorte de chaos, un univers un peu sale… Mais je trouve que tout ça a un côté très beau, très spécial et particulier, c’est très français, et j’aime bien.

Quels sont vos futurs projets ?

Je suis en train de développer deux petites collections. Une de ces collections, c’est une collaboration avec plusieurs artistes : je leur donne des tissus, ils peignent dessus et après ils me les redonnent, puis je m’occupe de la couture. J’ai déjà commencé avec une artiste, elle fait de la peinture érotique. Elle utilise de grandes toiles de tissus, par exemple sur 3 mètres de tissus elle fait de grands dessins érotiques. C’est très intéressant car à la fin, ces personnages sont des personnes transsexuelles donc tu ne sais pas si c’est une femme, un homme, ou les deux. Après, on découpe les dessins et on mélange tout, et à la fin on n’a que des morceaux donc on ne comprend pas vraiment *rires* Mais je collabore aussi avec d’autres artistes, plutôt abstraits. Je suis très fier de ces projets. Je pense que ça va être quelque chose de beau et d’intéressant.

Je suis également en train de développer une autre collection, fondée sur la récupération de vêtements, de draps de lit, de choses que je trouve dans le rue.. j’adore ça. J’utilise plutôt des vêtements de sport, que je mélange avec des tissus du Maghreb. J’ai déjà commencé avec ma participation dans le project Anti_fashion. C’est cette création qui m’a inspiré, parce que c’était de la récupération. A cette occasion, j’ai créé une nouvelle sorte de vêtements : une sorte de veste bomber qui à la fin se transforme en body, du coup c’est un Body Bombers : c’est un mélange de plusieurs vêtements sportifs. Et le thème c’était les drapeaux des peuples amérindiens, puisque c’est un sujet qui me touche beaucoup parce que je suis originaire de l’Amérique du Sud. On parle de recyclage, d’écologie. Ces peuples amérindiens sont très intéressés par la protection de l’environnement.

(instagram: @anti_fashion_project & https://www.lafibredutri.fr/mentoring-antifashion-une-initiation-la-deconstruction-reconstruction-textile )

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Un conseil à donner pour tous les jeunes talents qui souhaiteraient se lancer dans la mode et la création ?

Être fier à leur façon, comment on peut dire… Être fier de la personne qu’ils sont. Ils ont leurs idées, leurs rêves, et il faut y aller à fond quoi ! Il faut être fier de soi-même. Je trouve que c’est la seule manière d’arriver à faire quelque chose qui plaît et qui soit remarqué, parce que si on fait pareil qu’une autre personne, c’est dommage. Peut être qu’on ne fait pas la chose la plus merveilleuse du monde, mais on fait quelque chose dont on est fier, et je trouve que c’est très important.

Si vous deviez choisir un seul et unique mot pour vous décrire, quel serait-il ?

*silence* La passion.

Dernière question et pas des moindres, que ressentez-vous à l’approche du défilé créateur de Métamorphose ?

Je suis très content de cette invitation. Ça a été un peu un défi parce qu’à la base, j’avais environ 20 looks dans ma collection et on m’a proposé 10 mannequins. Donc je me suis dit qu’il fallait changer tous les stylings, puisque je voulais montrer le plus de créations possible. Donc je suis en train de faire un styling « maximaliste ». Dans mon lookbook, à la base il y avait un look où le mannequin portait une veste et rien en dessous, plutôt minimaliste. Et je me suis dit qu’il fallait tout donner donc je suis en train de mélanger les textures : de la fourrure, des paillettes, des rayures, pleins de couleurs, des matières matelassées, du jean.. Et j’adore. Je trouve des combinaisons et des associations de tenues que je n’avais pas avant et ça me fait plaisir. Je suis aussi très content d’aller à Lille pour la première fois de ma vie, pour moi c’est très bien de connaître un endroit quand on est invité à montrer son travail, mais aussi de rencontrer l’équipe de Métamorphose et les autres créateurs.

Tumblr: leoperaltacouture.tumblr.com
Instagram: @leoperaltacouture

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